Dans la province du Sourou, dans la région de la Bankui, se trouve une destination aussi discrète qu’exceptionnelle : Toma Île. Située à environ 7 kilomètres de Di et à 45 kilomètres de Tougan, cette île, entourée par les affluents du fleuve Sourou, accueille près de 600 habitants.
Accessible exclusivement en pirogue, elle offre une immersion au cœur d’un environnement naturel préservé où l’eau rythme le quotidien des populations.
Une île où la nature façonne le quotidien
La traversée en pirogue constitue la première étape d’une visite à Toma Île. Ce moyen de transport traditionnel permet d’apprécier les paysages du fleuve Sourou avant d’atteindre ce village insulaire.
Entourée d’eau une grande partie de l’année, l’île offre un cadre propice au tourisme de découverte, à l’observation de la nature et aux rencontres avec les populations locales.
Une histoire transmise par les anciens
Selon la tradition orale locale, Toma Île aurait été fondée au cours du XVIIIᵉ siècle.
Les récits des sages racontent que le nom du village provient du « Tomi yiiri », qui signifie tamarinier en dioula. Avant la création du village, l’île aurait été couverte de ces arbres.
Toujours selon cette tradition, deux frères chasseurs originaires du Mandé se seraient d’abord installés à Toma Koura avec leur mère. Le plus jeune, Tala, aurait découvert cette île entourée par les eaux du Sourou avant de s’y établir avec sa mère, tandis que son frère aîné aurait fondé le village de Koroni.
Ces récits, transmis de génération en génération, font aujourd’hui partie intégrante de l’identité culturelle de Toma Île.
Entre légendes et croyances
Les habitants évoquent également une légende selon laquelle la colline sur laquelle est construit le village serait soutenue par un serpent mystérieux. Celui-ci ferait remonter le niveau de la colline lorsque les eaux du fleuve débordent, protégeant ainsi le village des inondations.
Si ce récit relève des croyances locales, il témoigne du lien profond qui unit les populations à leur environnement naturel et à leur patrimoine immatériel.
Un mode de vie tourné vers le fleuve
La population est composée majoritairement de Marka (Dafing). Les familles vivent principalement de la pêche, de l’élevage et de l’agriculture.
En raison de la superficie limitée des terres cultivables sur l’île, la riziculture est pratiquée sur les terres situées de l’autre côté du fleuve.
Les femmes jouent un rôle essentiel dans l’économie locale grâce à la commercialisation du poisson frais et du poisson fumé, activité qui contribue aux revenus de nombreuses familles.

Toma Île illustre la richesse du patrimoine naturel et culturel du Burkina Faso. En valorisant son histoire, ses traditions et son environnement, cette destination contribue au développement du tourisme interne tout en mettant en lumière le savoir-faire et le mode de vie des communautés riveraines du Sourou.
À travers ce clin d’œil du PNET, Toma Île rappelle que les plus belles destinations sont parfois les moins connues. Entre paysages façonnés par le fleuve Sourou, traditions ancestrales, récits transmis par les anciens et hospitalité de ses habitants, cette île offre une expérience authentique qui mérite une place de choix sur les itinéraires touristiques du Burkina Faso.
Source : PNET ; traditions orales recueillies localement sur l’histoire de Toma Île. – Article adapté et enrichi par la rédaction de VoirFaso.





