À Dédougou, près de 90 journalistes et communicateurs participent, du 26 au 28 août, à une session consacrée au traitement de l’information en langue dioula. Une initiative visant à renforcer la capacité des médias à toucher les populations dans des langues directement comprises, notamment sur les enjeux de prévention du terrorisme, de cohésion sociale et de développement.
Informer dans la langue que les populations comprennent
Une information peut être disponible sans être réellement comprise.
À Dédougou, la Direction générale de la Communication et des Médias (DGCM) entend justement rapprocher davantage les médias des populations à travers l’utilisation des langues nationales.
La cité de Bankui accueille, du 26 au 28 août 2026, la deuxième session d’appropriation des techniques de collecte et de traitement de l’information en langues nationales destinée aux professionnels des médias.
Environ 90 journalistes et communicateurs prennent part à cette session, qui se déroule en dioula (jula).
La cérémonie d’ouverture, tenue le mercredi 26 août, a été présidée au nom du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, par le chargé de missions Bakary KONÉ, en présence notamment du directeur régional en charge de la Communication de la Boucle du Mouhoun, Sinaly DJIBO.
Des médias appelés à jouer un rôle dans la prévention
La session est placée sous le thème : « Rôle et contribution des médias en langues nationales dans la dynamique de prévention et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au Burkina Faso ».
Le choix du thème traduit une volonté de faire des médias en langues nationales un relais encore plus efficace auprès des communautés.
Pour le directeur général de la Communication et des Médias, Salifou OUARMA, l’enjeu est avant tout de pouvoir « parler aux populations dans les langues qu’elles comprennent ».
Cette approche doit faciliter la compréhension des messages liés à la prévention et à la lutte contre le terrorisme, mais aussi accompagner la mobilisation des populations autour des questions de développement et de souveraineté nationale.
Au-delà de la langue, un travail sur les pratiques journalistiques
La formation ne se limite toutefois pas à la traduction de contenus.
Les participants travaillent également sur les techniques de collecte et de traitement de l’information, ainsi que sur l’utilisation d’outils adaptés à la production et à la diffusion de contenus en langues nationales.
La session offre aussi un espace d’échange sur les expériences des professionnels et sur l’harmonisation des terminologies utilisées dans les communications.
Un enjeu particulièrement important dans un paysage médiatique où certains concepts liés à la sécurité, à la cohésion sociale ou au développement peuvent être difficiles à traduire ou à restituer de manière uniforme dans les différentes langues nationales.
Redonner toute leur place aux journalistes en langues nationales
Derrière cette formation se trouve également une question de reconnaissance professionnelle.
La DGCM souhaite contribuer à rompre avec l’idée que les journalistes travaillant en langues nationales seraient des professionnels de « second rang ».
Pour le directeur général, son rôle est au contraire stratégique.
Ces professionnels sont en mesure de toucher une partie importante de la population dans des langues directement comprises par les communautés. Leur proximité avec les auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs peut ainsi constituer un atout lorsqu’il s’agit de transmettre des informations sensibles ou d’expliquer des enjeux complexes.
Dans un contexte où la circulation de l’information est devenue un élément important de la résilience des communautés, cette proximité prend une dimension particulière.

Après le gulmancema, le dioula
Pour le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette coopération dépasse donc la seule dimension technique.
À travers les contenus audiovisuels, les formations et les échanges professionnels, les médias peuvent contribuer à une meilleure connaissance réciproque des deux peuples.
La Chine souhaite ainsi poursuivre son partenariat avec le Burkina Faso dans un secteur qui se trouve à la croisée de la culture, de l’information et de la technologie.
Le 7e Forum sur la Coopération des médias sino-africains, organisé à Pékin du 19 au 21 août, sert ainsi de cadre à la consolidation de cette dynamique.La session de Dédougou constitue la deuxième étape de cette initiative.
Une première session consacrée au gulmancema s’était tenue du 5 au 7 août 2026 à Fada N’Gourma.
À Dédougou, les participants disposent à leur tour de trois jours pour renforcer leurs pratiques à travers des échanges, des exercices et l’appropriation d’outils numériques.
La démarche vise ainsi à élargir progressivement les capacités des médias à produire et diffuser une information de qualité dans les langues nationales.
Pourquoi c’est important
Au Burkina Faso, une partie importante de la population s’informe d’abord dans les langues qu’elle utilise au quotidien.
Renforcer les médias qui travaillent dans ces langues revient donc à élargir l’accès à une information comprise, contextualisée et adaptée aux réalités locales.
Dans le contexte actuel, cette capacité peut être particulièrement utile pour expliquer les enjeux liés à la sécurité, prévenir la désinformation, renforcer la cohésion sociale et accompagner les initiatives de développement.
Le défi pour les médias en langues nationales est désormais de transformer cette proximité avec les populations en véritable force éditoriale, avec des contenus fiables, professionnels et adaptés aux réalités des communautés
Une stratégie qui s’inscrit dans la durée
Avec cette deuxième session, après celle consacrée au gulmancema, la DGCM poursuit le renforcement des compétences des professionnels des médias en langues nationales.
L’objectif affiché est de permettre aux médias de proximité de mieux remplir leur mission d’information, tout en participant aux efforts de prévention, de consolidation de la paix et de cohésion sociale.
À Dédougou, le message est donc simple : pour être efficace, l’information doit aussi savoir parler la langue de ceux qu’elle veut atteindre.
Source : DCRP / MCCAT – Article adapté et enrichi par la rédaction de VoirFaso.





