À Manga, les savoirs médicinaux traditionnels ont été au centre des échanges entre praticiens, chercheurs et autorités publiques. La 14e édition de la Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative, couplée à la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle, s’est achevée ce samedi 5 septembre 2026 dans la région du Nazinon.
Ouverte le 31 août, la manifestation a réuni plusieurs centaines de tradipraticiens venus de différentes régions du Burkina Faso. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence d’une délégation gouvernementale, dont le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO.
Des savoirs traditionnels à mieux encadrer
Placée sous le thème « Introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies au Burkina Faso : défis et opportunités pour l’atteinte de la souveraineté sanitaire », cette édition a posé la question de l’intégration des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle dans les dispositifs nationaux de santé.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais de mieux encadrer les connaissances et pratiques héritées des communautés afin d’en faire des ressources de santé plus sûres, tout en respectant les exigences du système sanitaire.
Le ministre d’État chargé de l’Agriculture, Ismaël SOMBIE, représentant le chef de l’État à cette occasion, a notamment appelé les tradipraticiens à respecter les directives du ministère de la Santé.
L’objectif est de parvenir à une pratique mieux organisée et davantage sécurisée pour les populations.
Recherche et médecine traditionnelle appelées à travailler ensemble
La modernisation de la médecine traditionnelle passe également par la recherche.
Le ministre de la Santé, Lucien Marie Jean Claude KARGOUGOU, a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre tradipraticiens et chercheurs. Cette collaboration doit permettre de mieux documenter les pratiques, d’améliorer les produits issus de la pharmacopée et de favoriser l’émergence d’une médecine traditionnelle à la fois endogène, moderne et sûre.
Pour le gouvernement, la recherche et l’innovation dans ce domaine peuvent également contribuer à réduire la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis des médicaments importés.
Cette orientation place donc les savoirs traditionnels au croisement de plusieurs enjeux : santé publique, recherche, valorisation du patrimoine et souveraineté sanitaire.
Une reconnaissance pour des praticiens
La clôture de cette édition a également été marquée par la décoration d’une dizaine de tradipraticiens.
Cette reconnaissance vient saluer leur contribution à la prise en charge des problèmes de santé des populations et met en lumière le rôle encore joué par la médecine traditionnelle dans le quotidien de nombreux Burkinabè.
Au-delà des distinctions, la manifestation aura surtout permis de réunir autour d’une même table les praticiens et les pouvoirs publics sur les conditions nécessaires à une meilleure organisation de la profession.
Manga, vitrine des savoirs et des pratiques traditionnelles
La dernière journée s’est achevée par une visite des stands par la délégation gouvernementale, accompagnée de la gouverneure de la région du Nazinon, Massadolo Yvette NACOULMA/SANOU.
Ces espaces ont permis de mettre en avant différents produits et savoir-faire liés à la médecine traditionnelle et alternative.
Cette 14e édition laisse ainsi une question centrale : comment préserver les connaissances transmises de génération en génération tout en garantissant aux populations des pratiques et des produits répondant aux exigences de sécurité et d’efficacité ?
Le défi sera désormais de renforcer la passerelle entre les détenteurs de ces savoirs, le monde scientifique et les institutions sanitaires.

Pourquoi c’est important
La médecine traditionnelle constitue à la fois un héritage culturel et une réalité sanitaire pour une partie importante des populations. Son meilleur encadrement peut permettre de préserver des connaissances endogènes tout en limitant les risques liés aux pratiques ou produits insuffisamment contrôlés.
Pour le Burkina Faso, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre préservation des savoirs, exigence scientifique, sécurité des patients et souveraineté sanitaire.
Source : DCRP/MCCAT – Article adapté et enrichi par la rédaction de VoirFaso.





