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Trophée du Grand Prix FESMA des Saveurs remporté par le Burkina Faso

Grand Prix FESMA des Saveurs : le Burkina Faso sacré champion à Lomé

Le Burkina Faso s’est hissé sur la plus haute marche du Grand Prix FESMA des Saveurs, organisé le 13 août 2026, devant six autres pays de la sous-région. Le Niger, le Mali, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry et le Togo complètent le classement final. La remise des prix a eu lieu lors de la soirée de gala, le 15 août, à l’hôtel-école LEBENÈ, au Togo.

Portée par une délégation de 11 personnes, l’équipe burkinabè a réalisé un parcours sans faute au terme de trois épreuves particulièrement exigeantes. Une performance qui, au-delà du trophée, met en lumière le savoir-faire des chefs et cuisiniers burkinabè, ainsi que la capacité du pays à faire rayonner ses produits du terroir.

Pour Maître restaurateur, expert gastronome, formateur, coach en nutrition et président de l’Association des chefs et cuisiniers du Burkina Faso (ACC-BF), Benjamin Lucien Kiswendsida Compaoré, cette victoire est avant tout une source de fierté. « J’ai ressenti une fierté, de l’admiration et le sentiment d’un nouvel accomplissement d’une mission », confie-t-il. Selon lui, le sacre ne se résume pas au fait d’avoir devancé six autres nations. Il constitue surtout l’aboutissement « des entraînements et multiples essais » menés par l’équipe

Parcours sans faute jusqu’au sommet

La compétition a débuté par une épreuve de maîtrise technique et de rapidité consacrée notamment à la découpe des légumes. Les candidats étaient évalués sur leur précision, leur dextérité, leur maîtrise des formes et leur vitesse d’exécution.

La deuxième étape, consacrée aux mets du terroir revisités, a constitué un tournant majeur de la compétition. Deux équipes sur les sept engagées ont été éliminées. Le Burkina Faso s’est démarqué avec le « KIBARÉ », une ballottine de suprême de pintade farcie au soumbala et aux légumes, accompagnée d’un couscous de patate douce à chair orange et de mises en bouche de gonré pané.

« KIBARÉ », l’exploit suprême

Pour Benjamin Lucien Kiswendsida Compaoré, cette création traduit une volonté de sortir les produits burkinabè de leurs usages habituels tout en conservant leur identité. « Nous avons voulu rompre avec le gonré que nous avons toujours mangé dans nos maisons et nos gargotes. Faire du gonré une merveille gastronomique donne du sens à nos recherches d’excellence gastronomique », explique-t-il.

La démarche a également consisté à repenser la patate douce et la pintade. La patate douce, traditionnellement consommée sous différentes formes, a été transformée en semoule puis travaillée avec des épices locales pour devenir une garniture gastronomique. La chair de pintade a, elle aussi, été présentée sous une forme différente. Pour le président de l’ACC-BF, cette capacité à revisiter les mets traditionnels montre qu’« il n’y a pas de règle figée pour présenter nos mets traditionnels », dès lors que leur identité peut être préservée tout en leur permettant de rivaliser avec d’autres gastronomies.

Le panier mystère, ultime test sous pression

La troisième et dernière épreuve était celle du panier mystère. Qualifiée pour la finale, l’équipe burkinabè ne disposait que de 10 minutes pour réfléchir et de 45 minutes pour exécuter sa proposition à partir d’un panier tiré au sort, composé notamment de poissons et de légumes. Les chefs burkinabè ont finalement proposé une entrée mixte qui a séduit le jury.

Cette épreuve, présentée comme la plus difficile par Benjamin Lucien Kiswendsida Compaoré, comportait une part importante d’incertitude. « Le panier mystère, comme son nom l’indique, est une épreuve d’incertitude », reconnaît-il. Mais l’équipe avait anticipé plusieurs scénarios. « Nous avions connaissance du fait qu’une telle épreuve aurait lieu, donc nous nous sommes préparés à plusieurs variantes de mets à présenter », précise-t-il.

Le travail réalisé en amont a ainsi permis aux chefs de gérer la pression de la finale. Pour le président de l’ACC-BF, les multiples essais et les différentes combinaisons expérimentées lors des entraînements avaient finalement préparé l’équipe à cette situation. « Nous avons assez torturé nos méninges pour nous parer à toutes les éventualités », résume-t-il.

Nous avons assez torturé nos méninges pour nous parer à toutes les éventualités.

Benjamin Lucien Kiswendsida Compaoré

Une victoire portée par le drapeau national

Derrière cette victoire, il voit surtout le résultat de plusieurs facteurs : « L’expérience, la discipline, la recherche, la résilience et la fièvre patriote ». Pour lui, les membres de l’équipe n’étaient pas simplement venus concourir à titre individuel. « Ce ne sont pas nous qui allions compétir ; c’est le Burkina Faso qui envoie ses fils et filles en mission. Ce sont les couleurs nationales avant nos personnes prises individuellement ou collectivement », affirme-t-il.

Le sacre burkinabè prend ainsi une dimension qui dépasse le cadre de la compétition. Il constitue, selon M. Compaoré, une démonstration du savoir-faire culinaire ancestral et moderne du pays. L’ACC-BF travaille depuis plusieurs années à faire connaître cette richesse au-delà des frontières nationales.

« L’ACC-BF a décidé depuis quelques années maintenant de faire comprendre aux autres pays de la sous-région et au reste du monde que le Burkina Faso a une culture et tradition culinaire qu’il a toujours gardée par pure modestie », explique-t-il. Cette victoire vient donc conforter une ambition : faire de la gastronomie burkinabè un véritable vecteur de rayonnement culturel.

Délégations nationales réunies au Grand Prix FESMA des Saveurs
Les délégations participantes réunies lors du Grand Prix FESMA des Saveurs à Lomé.

L’ACC-BF veut aller plus loin

Après ce sacre, l’ACC-BF entend poursuivre ses actions de valorisation de la gastronomie nationale à travers les démonstrations, la recherche, la formation professionnelle et continue, l’éducation alimentaire des populations et la création de cadres d’expression pour les professionnels. L’association ambitionne également de contribuer à l’émergence d’une véritable identité « culturo-gastronomique » burkinabè susceptible de servir de référence en Afrique et au-delà.

Aux jeunes qui souhaitent embrasser les métiers de la cuisine et de la restauration, Maître Benjamin Lucien Kiswendsida Compaoré adresse un message de responsabilité. Il les invite d’abord à prendre conscience du caractère noble de cette profession, tout en étant prêts à affronter ses exigences. « C’est avant tout un métier de don de soi. Celui qui n’aime pas les autres ne doit pas choisir ce métier dont le vrai salaire est la satisfaction personnelle de savoir que j’ai donné du réconfort, de la revitalisation et du sourire à mon prochain », souligne-t-il.

Pour lui, la cuisine et la restauration relèvent avant tout de l’altruisme, sans pour autant exclure leur dimension économique. Le titre remporté au Grand Prix FESMA des Saveurs apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans cette quête d’excellence, avec une ambition désormais affichée : faire du patrimoine culinaire burkinabè une référence reconnue sur les scènes sous-régionales et internationales.

Au classement final, le Burkina Faso termine premier, suivi du Niger, du Mali, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry et du Togo. Ce résultat consacre une équipe qui aura su conjuguer maîtrise technique, créativité, connaissance des produits locaux et engagement patriotique.

Pourquoi c’est important

La gastronomie ne se limite pas à la restauration. Elle constitue également un élément du patrimoine culturel et une opportunité économique.

La valorisation des mets locaux peut permettre de :

  • mieux faire connaître les produits agricoles burkinabè ;
  • créer de nouveaux débouchés pour les producteurs ;
  • renforcer l’attractivité touristique du pays ;
  • développer les métiers de la restauration ;
  • donner une image moderne et créative de la cuisine burkinabè.

Le défi consiste désormais à transformer ce type de succès ponctuel en véritable stratégie de promotion de la destination Burkina Faso.

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