Et si Boromo cessait d’être seulement une étape sur la route pour devenir une véritable destination touristique ? C’est l’ambition qui se dessine à travers la réflexion engagée par la commune sur la valorisation de son patrimoine naturel, culturel et artistique.
Le 4 septembre 2026, la première session extraordinaire de l’année du Cadre de concertation communale s’est tenue à la mairie de Boromo. Élus locaux, services techniques, professionnels du tourisme et de l’hôtellerie ainsi que plusieurs personnes-ressources ont échangé autour d’un même enjeu : comment transformer les atouts touristiques de Boromo en activités économiques profitables au territoire ?
De nombreux sites, mais encore une destination à construire
La commune dispose d’une offre particulièrement diversifiée. Nature, patrimoine, art, culture, gastronomie et événementiel se côtoient sur son territoire.
Les Pierres Jumelles, les Pierres en Boucle, les Trois Ponts du Mouhoun, les forêts des Deux Balé, ainsi que les sites de Ouahabou, Nanou et Ouroubono figurent parmi les éléments pouvant servir de base à une offre touristique locale.
À cela s’ajoutent les Grandes Personnes de Boromo, le Jardin Nature et Sculpture du THV Konaté Bomavé ou encore la Voûte Nubienne.
Mais disposer de plusieurs sites ne suffit pas à créer une destination. L’enjeu identifié lors de la rencontre est justement de relier ces différents attraits, d’améliorer leur accessibilité et de construire des expériences touristiques cohérentes.
La première communication, présentée par le camarade Seydou BAGAGNAN, directeur provincial en charge de la communication, de la culture, des arts et du tourisme des Balé, a ainsi proposé plusieurs pistes pour passer de la simple potentialité à une véritable offre touristique.
L’éléphant comme marqueur de l’identité de Boromo
Parmi les pistes avancées, une place particulière est accordée à l’éléphant, symbole fort associé à la commune.
L’idée est d’en faire un élément central du positionnement touristique avec une identité appelée à s’affirmer : « Boromo, Terre de l’Éléphant ».
Dans cette perspective, la création d’un Pôle touristique de l’Éléphant est proposée. Celui-ci pourrait être consacré à l’interprétation de la biodiversité, des paysages et à la sensibilisation du public.
L’objectif dépasse donc la simple utilisation d’une image emblématique. Il s’agit de construire autour de l’éléphant une identité touristique capable de distinguer Boromo et de donner davantage de cohérence à sa promotion.
Des projets pour donner une nouvelle dimension au tourisme
Plusieurs projets structurants ont également été évoqués au cours de la session.
Les Pierres en Boucle pourraient notamment être aménagées pour devenir un espace artistique à ciel ouvert, avec une ambition comparable à la dynamique développée autour du site de sculpture sur granit de Laongo.
Le CELPAC fait également partie des sites identifiés. Sa réhabilitation permettrait d’en faire un espace culturel et événementiel pouvant accueillir des festivals, des concerts, des expositions, des projections et d’autres manifestations.
Autre proposition : aménager le barrage de Petit Balé et ses berges comme espace de loisirs et de détente, avec des promenades, des espaces verts, des aires de pique-nique, de la restauration et des animations.
La commune envisage également la création de circuits « À la découverte de Boromo », destinés à relier les différents sites, les acteurs locaux, les produits du terroir et les expériences gastronomiques.
Une Maison du Tourisme de Boromo pourrait par ailleurs servir de point d’information et d’orientation pour les visiteurs, tandis qu’un renforcement de la signalétique touristique permettrait de faciliter l’accès aux différents sites.
Le SITHO 2026 comme occasion de se faire connaître
La rencontre a aussi porté sur la participation de Boromo au Salon international du tourisme et de l’hôtellerie (SITHO) 2026.
Présentée par Lansane DAO, président de la Fédération des Acteurs du Tourisme de la Région du Bankui, cette deuxième communication a permis d’aborder l’intérêt d’une participation organisée des professionnels de Boromo à cette manifestation.
Pour les acteurs locaux, le SITHO peut notamment constituer une vitrine pour présenter les produits, les sites et les projets de la commune auprès de professionnels et de visiteurs.

Une stratégie qui devra dépasser les annonces
La réflexion engagée à Boromo pose finalement une question simple : comment faire du tourisme une activité économique qui profite réellement au territoire ?
La réponse ne dépendra pas d’un seul acteur. La commune, les services de l’État, les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie, les acteurs culturels et artisanaux, les communautés, le secteur privé et les partenaires devront travailler autour d’une même vision.
La feuille de route évoquée prévoit notamment l’actualisation de l’inventaire touristique, la création des premiers circuits, l’aménagement progressif des sites prioritaires et, à terme, la réalisation de projets plus structurants comme le Pôle de l’Éléphant ou le parc de sculptures.
Boromo possède déjà les sites. Le véritable défi sera désormais de les aménager, de les connecter et de les transformer en expériences capables d’attirer des visiteurs, de créer des emplois et de générer des revenus pour les populations locales.
Pourquoi c’est important
Pour une commune comme Boromo, développer le tourisme ne signifie pas seulement attirer davantage de visiteurs. Cela peut aussi créer des débouchés pour les guides, hébergeurs, restaurateurs, artisans, artistes, transporteurs et producteurs locaux.
La réussite dépendra toutefois de la capacité à passer des potentialités aux infrastructures, aux circuits, à la promotion et aux services nécessaires pour accueillir les visiteurs.
Source : DPCCAT/Balé – Article adapté et enrichi par la rédaction de VoirFaso.






