Ouagadougou, le 5 novembre 2026. À la 3e Conférence africaine sur les transports intelligents et la mobilité urbaine (CATIMU), Bertrand Babine présente ses travaux sur les véhicules électriques. Cet étudiant burkinabè en ingénierie et physique développe des vélos et des motos électriques. Son ambition : proposer des solutions de déplacement adaptées aux réalités locales.
Un projet né des difficultés de mobilité
Le coût du carburant, la pollution urbaine et les besoins de déplacement ont inspiré Bertrand Babine. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, cet étudiant travaille sur la conception et la modification de véhicules électriques.
Son approche repose sur l’ingénierie pratique. Il cherche notamment à adapter les technologies électriques aux contraintes énergétiques et aux habitudes de déplacement au Burkina Faso.
En effet, la mobilité électrique suscite un intérêt croissant dans les réflexions sur les transports urbains. Elle ouvre des possibilités pour diversifier les moyens de déplacement. Toutefois, son adoption dépend de plusieurs conditions : le prix d’achat, l’autonomie, la recharge et l’entretien.
C’est dans ce contexte que Bertrand Babine développe deux types d’engins : un vélo électrique et une moto électrique. Il présente leurs caractéristiques et leurs performances annoncées lors de la CATIMU 2026.


Un vélo électrique avec 100 km d’autonomie annoncée
Le premier modèle associe un moteur électrique et un système de batteries. Selon son concepteur, l’utilisateur peut recharger l’engin sur une prise électrique domestique standard.
Le vélo affiche une vitesse maximale annoncée de 30 km/h. Son autonomie atteindrait 100 km avec une seule charge, selon les informations communiquées par Bertrand Babine.
Le dispositif combine également l’assistance électrique et la propulsion motorisée. Ainsi, l’utilisateur peut adapter le fonctionnement de l’engin à ses besoins de déplacement.
Cette combinaison peut intéresser les personnes qui recherchent une solution intermédiaire entre le vélo classique et la moto thermique. Elle pourrait notamment convenir à certains trajets quotidiens, sous réserve des conditions réelles d’utilisation.
Cependant, plusieurs données techniques restent à préciser. La capacité de la batterie, sa technologie, le temps de recharge et les conditions de mesure de l’autonomie ne figurent pas dans les informations disponibles.
Ces précisions permettront aux futurs utilisateurs d’évaluer les performances du vélo dans des situations concrètes. En particulier, la charge transportée, le relief, la vitesse et l’état de la route peuvent influencer l’autonomie d’un véhicule électrique.
Intelligence artificielle et science des données au cœur des échanges
Au nom du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Camarade Dr Habib Ahmed DJIGA a souligné le caractère pluridisciplinaire des questions de mobilité urbaine.
Il a évoqué les contributions possibles de l’intelligence artificielle, de la science des données et de la modélisation spatiale. L’urbanisme, la sociologie et les politiques publiques occupent également une place dans cette réflexion.
Pour lui, l’innovation doit d’abord répondre aux besoins des populations. Les territoires doivent pouvoir comprendre les solutions proposées, se les approprier et les mettre en œuvre.
Il a ainsi souhaité que les travaux débouchent sur des recommandations opérationnelles, de nouvelles collaborations scientifiques et une meilleure valorisation des innovations africaines.
Au nom du président de l’UJKZ, le Camarade Pr Adama SANOU, vice-président chargé de la Recherche et de la Coopération universitaire, a salué l’engagement du LAMI et de son équipe de recherche en systèmes d’information et ingénierie de la connaissance.
Il a rappelé que la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux soins de santé et aux services sociaux de base. Par conséquent, les réponses doivent tenir compte des usages, des ressources et des particularités locales.
Une moto électrique annoncée à 100 km/h
En plus du vélo, Bertrand Babine travaille sur une moto électrique. Selon les caractéristiques qu’il communique, celle-ci pourrait atteindre une vitesse maximale de 100 km/h.
Son autonomie annoncée s’élève également à 100 km. Ces performances placent la moto dans une catégorie d’utilisation différente de celle du vélo.
En effet, la vitesse annoncée pourrait répondre à des besoins de déplacement plus rapides. Toutefois, l’autonomie devra être appréciée en fonction de la vitesse pratiquée, du poids transporté et des conditions de circulation.
Le concepteur n’a pas encore communiqué plusieurs éléments nécessaires à une évaluation complète. Il s’agit notamment de la puissance du moteur, de la capacité de la batterie, du temps de recharge et du coût de fabrication.
Par conséquent, ces caractéristiques devront accompagner toute présentation commerciale du modèle. Elles aideront aussi à comparer cette moto avec les solutions thermiques disponibles sur le marché..

Des équipements pensés pour les conditions sahéliennes
La conception des deux engins tient compte des contraintes du climat sahélien, selon leur promoteur. La chaleur, la poussière et l’état des routes figurent parmi les difficultés auxquelles les véhicules doivent faire face.
Pour y répondre, Bertrand Babine indique que les composants électroniques bénéficient de protections spécifiques. Il évoque notamment des boîtiers métalliques étanches destinés à les abriter de leur environnement.
La structure des engins comporte également des renforts. Ceux-ci doivent contribuer à leur résistance sur les routes et les pistes locales.
Cette adaptation représente un enjeu important. En effet, un véhicule destiné aux déplacements quotidiens doit supporter les conditions réelles d’utilisation. Il ne suffit donc pas d’afficher une autonomie ou une vitesse maximale.
Les essais sur différents types de routes permettront de mieux apprécier la solidité des équipements. De même, des tests prolongés pourront renseigner sur la résistance des batteries, des connexions électriques et des autres composants.

Quels avantages face aux motos thermiques ?
Le principal intérêt économique annoncé concerne la réduction des dépenses de carburant. Le vélo et la moto électriques n’ont pas besoin d’essence pour fonctionner.
De plus, leur architecture mécanique peut limiter certaines opérations d’entretien. Le concepteur cite notamment l’absence de vidange et une usure mécanique réduite par rapport à un moteur thermique classique.
Néanmoins, un véhicule électrique n’est pas exempt de frais. L’utilisateur devra notamment prévoir la recharge, l’entretien des pneus, des freins et des équipements électriques. Le remplacement éventuel de la batterie représentera également un coût à prendre en compte.
Sur le plan environnemental, ces engins ne produisent pas de gaz d’échappement pendant leur utilisation. Ils fonctionnent aussi avec moins de bruit qu’une moto thermique.
Cette caractéristique peut contribuer à réduire certaines nuisances sonores en ville. Cependant, l’impact environnemental global dépend aussi de la production de l’électricité, de la fabrication des batteries et de leur traitement en fin de vie.
Ainsi, le vélo électrique au Burkina Faso pourrait offrir une solution complémentaire aux moyens de transport existants. Son intérêt réel dépendra toutefois de son coût d’acquisition et de ses performances sur le terrain.
La CATIMU 2026, une vitrine pour le projet
La présentation de Bertrand Babine intervient dans le cadre de la 3e Conférence africaine sur les transports intelligents et la mobilité urbaine. La rencontre se déroule du 3 au 5 novembre 2026 à l’Université Joseph KI-ZERBO de Ouagadougou.
Le programme du jeudi 5 novembre prévoit notamment une session consacrée à la science des données, à la modélisation spatiale et à la cartographie. En parallèle, le salon d’exposition des inventeurs et innovateurs offre un espace de présentation aux porteurs de projets.
Cette rencontre réunit des chercheurs, des acteurs du transport et des innovateurs autour des défis de mobilité. Elle permet également de rapprocher les réflexions scientifiques des initiatives concrètes.
Selon Bertrand Babine, son projet a déjà bénéficié d’une visibilité lors d’expositions et de diffusions sur des médias nationaux. Il cite notamment la RTB, l’AIB et BF1. Il estime que les retours reçus à ces occasions sont encourageants.
Cette visibilité constitue une étape dans le parcours du projet. Toutefois, elle ne permet pas encore de conclure à une commercialisation effective ou à une production à grande échelle.
Des partenaires recherchés pour passer à l’échelle industrielle
Bertrand Babine souhaite désormais franchir une nouvelle étape. Pour structurer une production en série, il recherche un accompagnement financier, des partenaires techniques et des soutiens institutionnels.
Ces appuis pourraient contribuer à organiser la fabrication, à stabiliser les choix techniques et à préparer la commercialisation. Ils pourraient également faciliter les essais, le contrôle de qualité et la mise en place d’un service après-vente.
En clair, le passage du prototype à la production industrielle demande davantage que la conception d’un véhicule fonctionnel. Il faut aussi maîtriser les coûts, assurer l’approvisionnement en composants et garantir la disponibilité des pièces de rechange.
Le prix de vente constituera un autre facteur déterminant. Pour toucher un public large, les futurs modèles devront présenter un rapport intéressant entre le coût d’achat, les dépenses de recharge et les frais d’entretien.
La disponibilité de solutions de recharge représente également un enjeu. Les utilisateurs devront pouvoir recharger leurs engins dans des conditions pratiques et fiables.
Une innovation à éprouver sur le terrain
Le projet de Bertrand Babine témoigne de l’intérêt de jeunes compétences burkinabè pour les questions de mobilité et d’énergie. Il propose une piste de réflexion autour de véhicules électriques conçus en tenant compte de contraintes locales.
Pour autant, plusieurs étapes restent à franchir avant de mesurer son potentiel commercial. Des essais indépendants, des données techniques détaillées et une estimation du coût de production permettraient de mieux apprécier les performances annoncées.
Le vélo électrique au Burkina Faso pourrait alors trouver sa place parmi les solutions de déplacement proposées aux populations. La moto électrique pourrait, de son côté, répondre à d’autres besoins de mobilité.
La suite dépendra notamment de la capacité du promoteur à mobiliser les ressources nécessaires. Elle dépendra aussi de la fiabilité des engins et de leur accessibilité financière.
À travers cette initiative, Bertrand Babine défend une ambition : faire émerger des solutions de mobilité portées par les compétences locales et adaptées aux besoins du quotidien.
Source : entretien avec Bertrand Babine, réalisé dans le cadre de la CATIMU 2026.






