Le clap officiel de « La Dérive des Bozos », réalisé par le cinéaste burkinabè Abdoulaye Pathon Dao, a été donné ce mardi 8 septembre 2026 à Nanou, dans la commune de Boromo. En présence des autorités et d’une population fortement mobilisée, le tournage ouvre une nouvelle page pour cette localité déjà choisie par plusieurs cinéastes. Avec ce projet, cinéma, transmission culturelle et valorisation touristique se retrouvent au même endroit.
Nanou confirme son potentiel de terre de cinéma
Nanou n’en est pas à sa première expérience avec le septième art.
À l’occasion du lancement, le chef de canton de Nanou a rappelé que plusieurs réalisateurs ont déjà choisi cette localité comme cadre pour leurs productions. Il a notamment cité Dani Kouyaté, Idrissa Ouédraogo et Abdoulaye Dao.
Des choix qui ne doivent rien au hasard. Architecture, patrimoine, paysages et identité culturelle font de Nanou un décor particulièrement intéressant pour les productions cinématographiques.
Pour le chef de canton, cette succession de tournages constitue une forme de reconnaissance du potentiel de la localité. Il a réaffirmé la disponibilité des autorités coutumières et des populations à accompagner les professionnels du cinéma.
L’ambition affichée est désormais de faire de Nanou un carrefour du cinéma burkinabè et africain.


Trente ans d’attente pour voir un projet prendre vie
Pour le réalisateur camarade Abdoulaye Pathon Dao, le clap donné à Nanou représente l’aboutissement d’un projet mûri pendant plus de trois décennies.
Le film est adapté de l’œuvre de l’écrivain burkinabè camarade Jacques Prosper Bazié.
Le passage du livre à l’écran donne ainsi une nouvelle vie à cette œuvre littéraire et permet de transmettre son univers à un public différent.
Cette adaptation porte également une dimension intergénérationnelle : une œuvre née d’une génération est aujourd’hui portée par le cinéma vers une nouvelle génération.
Le réalisateur a par ailleurs exprimé sa reconnaissance au chef de canton et aux populations de Nanou pour leur accueil et leur accompagnement, ainsi qu’au ministère en charge de la Culture pour son soutien à la concrétisation du projet.
100 millions de FCFA pour soutenir le film
« La Dérive des Bozos » bénéficie d’un soutien financier du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme à travers le Faso Film Fonds, mis en place par l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA).
Le montant de la subvention annoncée est de 100 millions de francs CFA.
Pour le camarade ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cet accompagnement traduit la volonté des pouvoirs publics de continuer à soutenir la création et l’industrie culturelles malgré les difficultés auxquelles le pays est confronté.
Le financement public est ainsi présenté comme un moyen de maintenir la production artistique et de permettre aux créateurs burkinabè de poursuivre leur travail.

« Continuer à créer malgré les difficultés »
À Nanou, le lancement du film prend aussi une dimension symbolique.
Dans son intervention, le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a présenté la poursuite de la création artistique comme une forme de résilience dans le contexte actuel du Burkina Faso.
Continuer à produire, raconter les histoires du pays et mettre en valeur son patrimoine participe, selon lui, au rayonnement culturel du Burkina Faso.
Le ministre a salué le talent et la détermination d’Abdoulaye Pathon Dao et de son équipe, tout en formulant le souhait de voir « La Dérive des Bozos » devenir une œuvre de référence.
Il a également exprimé l’espoir de voir le cinéma burkinabè poursuivre sa dynamique d’excellence et porter les couleurs nationales au FESPACO 2027, avec l’ambition d’un deuxième sacre consécutif.
Continuer à créer, raconter le Burkina Faso et faire vivre son patrimoine : à Nanou, le cinéma se veut aussi un acte de résilience.
Le Palais Royal de Nanou entre aussi dans le récit
Après le clap, la délégation s’est rendue au Palais Royal de Nanou, inscrit sur la liste nationale des sites et attraits touristiques du Burkina Faso.
Cette visite n’est pas anodine.
Elle illustre la proximité entre cinéma, patrimoine et tourisme. Lorsqu’un site culturel devient un décor de production, il gagne potentiellement une nouvelle visibilité auprès du public.
Le cinéma peut ainsi contribuer à faire connaître des architectures, des paysages, des traditions et des lieux patrimoniaux parfois peu connus au-delà de leur région.
Pour Nanou, l’enjeu est donc de transformer cette visibilité cinématographique en opportunité de valorisation touristique.

Nanou veut transformer ses décors en opportunités
Avec « La Dérive des Bozos », Nanou confirme son potentiel pour accueillir des productions cinématographiques.
Mais l’enjeu pour la localité dépasse désormais le simple accueil d’une équipe de tournage.
La répétition des productions pourrait contribuer à positionner Nanou comme une destination de cinéma et de patrimoine, capable d’attirer à la fois professionnels, visiteurs et amateurs de culture.
Pour le Burkina Faso, cette dynamique offre également une autre manière de raconter le pays : à travers ses territoires, ses histoires, ses paysages et ses patrimoines.
À Nanou, le clap a donc officiellement lancé un film. Mais il pourrait aussi donner le signal d’une nouvelle histoire : celle d’un patrimoine local qui cherche à conquérir davantage de visibilité grâce au cinéma.
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