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Acteurs du tourisme du Burkina Faso du Mali et du Niger réunis au forum AES à Ouagadougou

Tourisme AES : financer et construire une destination commune

Ouagadougou, 24 septembre 2026. Le premier Forum des acteurs du tourisme de l’AES s’est achevé dans la capitale burkinabè après deux jours d’échanges sur l’avenir du secteur dans l’espace confédéral. Organisé en marge de la 16e édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), le forum a réuni des acteurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger autour de l’investissement, de la coopération et de la valorisation des potentialités touristiques. (Gouvernement du Burkina Faso⁠)

Le financement, premier défi des acteurs du tourisme

Au fil des échanges, la question du financement des infrastructures touristiques s’est imposée comme l’un des principaux enjeux. Pour Souleymane Anafi, secrétaire général du ministère du Tourisme et de l’Artisanat du Niger, les grands projets engagés dans l’espace AES peuvent constituer des opportunités pour le développement du tourisme.

Routes, transport ferroviaire, transport aérien et autres infrastructures de mobilité conditionnent en effet la capacité des visiteurs à accéder aux différentes destinations.

Cette réflexion s’inscrit dans le contexte du SITHO 2026, dont le financement des projets structurants constitue le thème central. Le programme du salon prévoit notamment des rencontres entre professionnels, des échanges avec les établissements financiers et des panels consacrés au financement touristique. (Quotidien Sidwaya⁠)

Le défi particulier des petits opérateurs

Derrière les grands projets se pose toutefois la situation des petites entreprises touristiques : auberges, campements, établissements de proximité et porteurs de projets.

Pour ces acteurs, l’accès aux financements classiques peut être compliqué par les garanties exigées, la capacité financière ou encore la structuration des projets.

L’enjeu consiste donc à réfléchir à des mécanismes davantage adaptés aux réalités du secteur. Le financement touristique ne concerne pas uniquement les grandes infrastructures. Il doit également permettre aux petites entreprises de renforcer leurs capacités et de participer à la construction de l’offre touristique.

Construire une marque touristique pour l’espace AES

Le deuxième axe majeur concerne l’image de la destination. À travers une communication consacrée au branding territorial et au marketing, Djibril Guissé, responsable administratif de la Fondation Festival sur le Niger au Mali, a insisté sur la nécessité de construire une marque territoriale pour l’espace AES.

L’objectif présenté n’est pas de remplacer les identités nationales. Il s’agit plutôt de les mettre en relation afin de faire ressortir leurs complémentarités.

Les patrimoines culturel, naturel et historique du Burkina Faso, du Mali et du Niger pourraient ainsi être associés dans des produits touristiques intégrés.

Cette approche ouvre la possibilité de construire des circuits reliant plusieurs territoires. Un visiteur pourrait ainsi découvrir plusieurs patrimoines et expériences au sein d’une même offre.

Une telle démarche suppose cependant une meilleure professionnalisation des acteurs. Gestionnaires de sites, agences de voyages, hôtels, restaurants et autres professionnels doivent pouvoir travailler ensemble autour de produits suffisamment structurés pour être commercialisés.

Le forum a précisément été présenté comme un espace destiné à favoriser la mise en réseau des potentialités touristiques des trois pays et à renforcer la coopération entre professionnels. (Gouvernement du Burkina Faso⁠)

 Billy Édouard Tiénon et Hamed Mbina YAMEOGO lors du forum sur le numérique et le tourisme dans l’AES
Billy Édouard Tiénon et Hamed Mbina YAMEOGO, deux acteurs du secteur privé réunis autour des enjeux numériques du tourisme dans l’espace AES.

Le numérique devient une infrastructure touristique

Lors de cette deuxième journée, acteurs public et privé sont tombés d’accord sur l’importance des infrastructures immatérielles, notamment numériques, dans la construction d’une destination touristique compétitive.

L’expert en marketing, communication et développement commercial Bili Édouard Tiénon et le développeur web et consultant SEO Hamed Mbina Yaméogo ont chacun mis en évidence, sous des angles différents, le rôle croissant du numérique dans la visibilité et le développement des destinations.

La construction d’une destination touristique ne repose désormais plus uniquement sur les routes, les hôtels, les sites aménagés ou les équipements d’accueil. Elle dépend également de sa capacité à être visible, accessible et compréhensible sur les plateformes numériques.

Sites web, données, photographies, vidéos et autres outils digitaux constituent ainsi de nouvelles infrastructures permettant de présenter les territoires, leurs cultures, leurs patrimoines et leurs offres touristiques.

Le numérique, première porte d’entrée vers une destination

Pour les visiteurs qui préparent aujourd’hui leurs déplacements en ligne, la présence numérique d’un territoire peut constituer un premier contact avec la destination.

Un site web bien structuré, des informations accessibles, des images de qualité et des données régulièrement actualisées peuvent contribuer à faciliter la recherche d’informations et à renforcer la visibilité des acteurs touristiques.

Dans l’espace AES, cette dimension prend une importance particulière. La valorisation des territoires, des patrimoines et des cultures passe aussi par la capacité à produire et à diffuser des contenus numériques adaptés aux différents publics.

Construire un récit numérique cohérent

Cette réflexion rejoint celle développée autour du branding digital. La visibilité d’une destination ne dépend pas seulement de la quantité de contenus disponibles en ligne, mais également de la manière dont son identité est racontée.

Les acteurs touristiques doivent ainsi identifier les différents canaux numériques, comprendre leurs usages et adapter leurs contenus aux publics qu’ils souhaitent atteindre.

Le numérique devient alors un espace où se construit progressivement le récit d’une destination : ses paysages, son patrimoine, ses savoir-faire, ses événements, mais aussi les expériences qu’elle peut proposer aux visiteurs.

Des médias spécialisés pour mieux raconter les territoires

Cette dynamique concerne également les médias en ligne spécialisés dans le tourisme.

La spécialisation peut permettre à un média de mieux définir son domaine, son audience et sa ligne éditoriale. Elle contribue à construire une identité reconnaissable et à développer une relation durable avec les lecteurs.

Mais produire régulièrement des contenus journalistiques, développer des outils numériques et assurer leur diffusion nécessite des ressources.

La question du modèle économique devient donc indissociable de celle de la spécialisation éditoriale. Pour les médias numériques consacrés au tourisme, l’enjeu est à la fois de mieux raconter les territoires, de toucher des publics identifiés et de construire des modèles permettant de maintenir cette production dans la durée.

Du forum aux actions concrètes

Les échanges des 23 et 24 septembre font ressortir plusieurs chantiers : financer les infrastructures, faciliter l’accès des petits opérateurs aux ressources, professionnaliser les acteurs, créer des produits touristiques intégrés, développer une stratégie marketing commune et renforcer les infrastructures numériques.

Le Gouvernement burkinabè avait également appelé les participants à formuler des propositions réalistes susceptibles d’alimenter les politiques publiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs et professionnels. (Gouvernement du Burkina Faso⁠)

Pourquoi cette information est-elle importante pour les Burkinabè ?

Le tourisme concerne directement plusieurs activités économiques : hébergement, restauration, transport, artisanat, culture, loisirs et services numériques.

La réflexion engagée à Ouagadougou dépasse donc la seule promotion des sites touristiques. Elle pose la question de la capacité des acteurs à créer des offres structurées, à attirer des investissements et à mieux valoriser les ressources des territoires.

Conclusion

Le premier Forum des acteurs du tourisme de l’AES aura placé au centre des discussions trois dimensions étroitement liées : les infrastructures physiques, la construction d’une identité touristique commune et les infrastructures numériques.

Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, la prochaine étape sera de transformer ces réflexions en projets, en partenariats et en mécanismes opérationnels.

Le forum s’est achevé à Ouagadougou. Le chantier de construction d’une offre touristique mieux connectée entre les trois pays, lui, reste désormais à poursuivre.

Wend-payendé Ines Zibando

Journaliste freelance-Voirfaso

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