Le 6 octobre 2026, au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), les produits locaux occupent une place visible dans les espaces consacrés à la gastronomie de l’exposition gouvernementale des JEPPC. Produits laitiers, pâtisseries, biscuits, desserts et recettes revisitées composent une vitrine consacrée au savoir-faire culinaire burkinabè.
L’exposition gouvernementale se tient du 2 au 9 octobre au Pavillon du Soleil Levant du SIAO. Elle présente les réalisations et innovations des départements publics et prévoit des échanges avec les citoyens. Elle s’inscrit dans la deuxième phase de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, placée sous le thème « Produisons burkinabè, consommons burkinabè ! ».
Le Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, et le Camarade Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, avaient visité l’exposition dès son ouverture, le 2 octobre.


L’initiative de réunir les acteurs privés et publics dans un même endroit pour faire valoir tous les secteurs de promotion et de développement du pays interpelle tout un chacun.
Au SIAO, la gastronomie donne une forme concrète au « produire local »
Parmi les professionnels mobilisés figure Maître Benjamin Lucien Compaoré, maître restaurateur, gastronome et formateur en cuisine et gastronomie.
Pour lui, cette participation répond à une volonté de prendre part à une initiative qui rassemble plusieurs secteurs autour de la production et du développement du pays.
« L’initiative de réunir les acteurs privés et publics dans un même endroit pour faire valoir tous les secteurs de promotion et de développement du pays interpelle tout un chacun », explique-t-il.
Sa présence permet aussi de mettre en avant une gastronomie qui ne se contente pas de reproduire les recettes connues.
Des cuisiniers mobilisés pour tenir le rythme
L’affluence et le nombre de repas à préparer imposent une organisation collective. Plusieurs cuisiniers et restaurateurs ont été associés aux activités afin de répartir les tâches.
« Nous avons mis à contribution beaucoup de cuisiniers et de restaurateurs afin de ne pas nous surcharger avec la cuisine et d’être vraiment efficaces pour faire ressortir des produits de qualité », précise Maître Compaoré.

Les recettes ancestrales que nous avons héritées, on essaie de les revisiter pour les rendre plus compétitives sur le plan national et international.
Plus de 90 % de produits locaux dans les cuisines
Le professionnel affirme que les produits locaux représentent plus de 90 % de ce qui est utilisé dans ses cuisines.
Cette orientation ne s’arrête pas au choix des matières premières. Elle concerne aussi la manière de les travailler et de les présenter. Des recettes héritées des générations précédentes sont revisitées pour tenter de leur donner une place plus importante sur les marchés nationaux et internationaux.
« Les recettes ancestrales que nous avons héritées, on essaie de les revisiter pour les rendre plus compétitives sur le plan national et international », indique-t-il.

Des produits du terroir sous de nouvelles formes
La transformation permet aussi de changer le regard porté sur certaines ressources locales. Les produits peuvent être transformés en desserts, biscuits, gâteaux ou autres préparations dont la présentation rappelle parfois celle de produits importés.
Abdul Samad Rouamba dit avoir été surpris par certaines découvertes faites au SIAO. Il cite notamment les glaces à base de karité, les biscuits et les gâteaux réalisés à partir de produits du terroir.
Pour lui, ces réalisations montrent que les produits locaux peuvent évoluer sans perdre leur origine.
L’hygiène, une exigence qui ne se négocie pas
La valorisation du terroir ne suffit toutefois pas. Pour Maître Benjamin Compaoré, le métier de cuisinier exige aussi de la discipline, de la propreté, de l’ordre et de la passion.
L’hygiène occupe une place particulière dans son approche. Dans la restauration commerciale ou industrielle, une mauvaise manipulation peut avoir des conséquences sur plusieurs consommateurs.
Il insiste donc sur le respect des règles sanitaires et sur la prévention des contaminations croisées et toxiques. Pour les professionnels, la qualité d’un produit local se mesure aussi à sa sécurité.
Du produit à l’assiette
Cette exigence rejoint l’un des défis de la transformation locale : convaincre le consommateur que le produit burkinabè peut être à la fois bon, bien présenté, sûr et adapté aux habitudes actuelles.
Au SIAO, cette démonstration passe directement par les visiteurs. Ils observent les produits, découvrent leurs différentes formes et peuvent échanger avec ceux qui les fabriquent.
La gastronomie devient alors un point de rencontre entre production agricole, transformation, savoir-faire culinaire et consommation.
Faire du consommateur un ambassadeur
Pour Maître Compaoré, découvrir la gastronomie burkinabè ne devrait pas se limiter à goûter un plat. Il faut aussi connaître son histoire, comprendre les produits utilisés et s’intéresser aux méthodes de préparation.
C’est à ce niveau que l’exposition prend une dimension particulière. Derrière une glace au karité, un biscuit ou une pâtisserie, il y a une matière première, un savoir-faire et une chaîne de transformation.
La démarche rejoint le message porté par cette deuxième phase des JEPPC : produire et consommer burkinabè. Au SIAO, la gastronomie donne à cette orientation un visage concret.
Pour les visiteurs, le parcours peut commencer par une dégustation. Il peut se poursuivre par une question simple : qu’est-ce que nous pouvons transformer nous-mêmes à partir de ce que nous produisons déjà ?
Source: Yaw ADOM – VoirFaso.






