Istanbul, les 9 et 10 octobre 2026. Le Burkinabè Maître Benjamin Lucien Kiswendsida COMPAORÉ a pris part au Gastroshow 2026, une rencontre internationale consacrée à la gastronomie et au tourisme. Invité à intervenir sur les enjeux environnementaux et les échanges entre professionnels, il a défendu une vision qui associe la valorisation des cuisines africaines à la réduction des déchets et à la transmission des savoir-faire.
Organisé au centre événementiel Taşyapı, dans le quartier de Şişli, le rendez-vous a réuni des représentants du secteur du tourisme, des chefs, des acteurs institutionnels et des professionnels de divers horizons. Le programme a notamment abordé les collaborations internationales, les nouveaux marchés gastronomiques et les pratiques liées au zéro déchet.


« L’écocitoyenneté et la gastronomie universelle durable : du sursaut africain à l’équilibre du cosmos »
Gastroshow 2026 : le zéro déchet au cœur des échanges
Le thème environnemental a occupé une place importante dans les discussions. Pour Maître Benjamin Lucien Kiswendsida COMPAORÉ, la responsabilité ne concerne pas uniquement les restaurants ou les industries agroalimentaires. Elle commence aussi dans les habitudes de consommation et dans l’éducation des plus jeunes.
Dans son intervention intitulée « L’écocitoyenneté et la gastronomie universelle durable : du sursaut africain à l’équilibre du cosmos », il a appelé à une prise de conscience collective face au gaspillage alimentaire et à la dégradation de l’environnement.
Son message repose sur un principe : la production et la consommation alimentaires doivent mieux respecter les ressources naturelles. Il invite les professionnels à intégrer les considérations environnementales à leurs choix économiques, plutôt que de les traiter comme une préoccupation secondaire.
Réduire les déchets et mieux utiliser les ressources
Le zéro déchet constitue, selon cette approche, un objectif qui implique l’ensemble de la chaîne alimentaire. La restauration, la transformation agroalimentaire et les ménages peuvent contribuer à limiter les pertes, à mieux valoriser les matières disponibles et à rechercher des solutions de réutilisation adaptées.
Dans son discours, Maître COMPAORÉ a fixé deux horizons : 2031 pour une gastronomie et une industrie structurées autour du zéro déchet, puis 2036 pour l’éradication de la faim dans le monde. Il s’agit de perspectives qu’il défend, et non de résultats déjà acquis.
L’éducation occupe également une place centrale dans son argumentation. Apprendre aux enfants à respecter les aliments, à éviter le gaspillage et à préserver la nature doit, selon lui, contribuer à installer des comportements plus responsables.
Gastronomie africaine : reconquérir la confiance et les marchés
Au cours des échanges consacrés à la visibilité internationale des cuisines africaines, le président de l’Association des Chefs et Cuisiniers du Burkina Faso a pointé le poids de l’acculturation alimentaire.
Il estime que les habitudes culinaires importées et les représentations dévalorisantes de certaines traditions africaines ont contribué à affaiblir la confiance accordée aux produits locaux. Pour changer cette perception, les chefs et les professionnels doivent aussi prendre part à la promotion de leur propre patrimoine.
La démarche ne se limite donc pas à présenter un plat à l’étranger. Elle consiste également à raconter son histoire, à expliquer ses ingrédients et à faire connaître les pratiques culturelles qui lui donnent son identité.
Moderniser les plats sans effacer leur origine
La question de l’authenticité a également été abordée lors du panel consacré aux concours culinaires internationaux. Maître COMPAORÉ distingue la revisitation d’un plat de sa dénaturation.
La présentation, le dressage et certains équilibres nutritionnels peuvent évoluer. En revanche, il considère que les saveurs identitaires, les méthodes fondamentales de préparation et le nom traditionnel doivent être préservés.
Cette position invite les professionnels à rechercher un équilibre entre créativité et fidélité aux traditions. Pour la gastronomie burkinabè, elle ouvre une réflexion sur la manière de rendre les plats locaux plus visibles sans effacer leur histoire.

Burkina Faso–Türkiye : des possibilités de coopération culinaire
La participation au Gastroshow a aussi permis d’aborder les relations entre professionnels africains et turcs. Dans ses réponses aux questions du panel, Maître COMPAORÉ a cité plusieurs pistes : les échanges d’expertise, les programmes d’immersion, la formation des jeunes chefs, les résidences croisées et l’organisation d’événements culinaires communs.
La Turquie dispose d’une tradition gastronomique ancienne et d’une expérience de valorisation touristique de sa cuisine. Le Burkina Faso pourrait tirer des enseignements de cette approche pour mieux structurer la promotion de ses produits et de ses savoir-faire.
L’intervenant évoque également la possibilité de faciliter les échanges commerciaux entre les deux espaces. Cette proposition ouvre une piste de coopération qui pourrait être examinée par les professionnels, les organisations sectorielles et les institutions concernés.

Former les jeunes et transmettre les acquis
De retour au Burkina Faso, Maître COMPAORÉ prévoit plusieurs actions : renforcer les capacités des professionnels, organiser des ateliers de sensibilisation à la gestion des déchets et développer des programmes éducatifs sur l’alimentation saine et la responsabilité environnementale.
Ces initiatives pourraient contribuer à rapprocher les enjeux écologiques des réalités quotidiennes des restaurateurs, des transformateurs et des consommateurs. Leur portée dépendra toutefois de leur mise en œuvre, des moyens mobilisés et de la participation des acteurs concernés.
Une présence internationale à prolonger par des actions concrètes
Le Gastroshow 2026 a offert à Maître Benjamin Lucien Kiswendsida COMPAORÉ une tribune pour défendre la gastronomie africaine et présenter sa vision d’une cuisine plus responsable. Pour le Burkina Faso, l’enjeu est désormais de traduire cette visibilité en actions concrètes, notamment à travers la formation, les échanges entre professionnels et une meilleure valorisation des produits locaux.
La reconnaissance du patrimoine culinaire burkinabè et africain ne peut reposer uniquement sur la participation aux rencontres internationales. Elle nécessite également un travail de proximité avec les producteurs, les chefs, les centres de formation et les consommateurs. Ces acteurs ont chacun un rôle à jouer dans la transmission des savoir-faire et la promotion des produits du terroir.
Alors que le Burkina Faso poursuit ses efforts en faveur de la souveraineté alimentaire, la connaissance des produits locaux, leur valorisation et une consommation plus responsable prennent toute leur importance. La lutte contre le gaspillage alimentaire et la sensibilisation du public peuvent aussi contribuer à cet objectif. Car la souveraineté alimentaire ne dépend pas uniquement de la capacité à produire, mais également de la manière dont les aliments sont transformés, distribués, préparés et consommés.
« La promotion de la production et de la consommation locales » https://voirfaso.com/jeppc-2026-la-gastronomie-mise-sur-les-produits-locauxjeppc-2026-gastronomie-produits-locaux-siao/
Source : la rédaction de VoirFaso.






